‹ Saint JéromeChapitre 126 sur 387 · Hieron., Ep · texte numérisé non relu

Hieron., Ep

donné lieu à aucun scandale, le rigide censeur du moins nous l'affirme.

Au plus fort de ces dissipations, on vit sa santé s'altérer, une lièvre qu'aucun remède neputdompter la consumait sans relâche comme un feu intérieur. Au bout d'un mois, les forces de la malade étaient épuisées, et les médecins pronostiquaient une fin prochaine. Il se passa alors une chose que le biographe de Blésille laisse enveloppée d'une incertitude mystérieuse : une nuit, paraît-il, tandis que la fille de Paula veillait, pensant aux erreurs de sa vie, elle crut voir Jésus s'approcher de son lit, lui toucher la main, et lui dire, comme autrefois à Lazare : « Lève-toi et sors ! » Et il lui sembla aussi que, se levant en sursaut et marchant, elle était allée se placera table auprès du Sauveur ^ Quoiqu'il en soit, une crise salutaire s'opéra durant cette nuit, les forces revinrent : bientôt Blésille put se lever. Elle se crut guérie miraculeusement, et ses amis le crurent comme elle. Désireuse de consacrer désormais sa vie au Dieu qui l'avait retirée de la mort, voulant sortir aussi udu sépulcre du siècle, où depuis si longtemps elle gisait sous le linceul des richesses et des plaisirs » (c'était le langage chrétien du temps), elle renonça au monde pour prendre la vie religieuse : elle changea d'habits, de façon de vivre, d'entourage. Jérôme nous la représente ramassant avec une amère volupté ce qu'elle possédait de robes, de bijoux, de tissus de soie brochés d'or, en faisant un paquet, et les vendant au profit des pauvres ^ Sa conversion, comme on l'appelait, fut un grand événement, qui mit sa famille en courroux, étonna fort les

Page 1