‹ Saint JéromeChapitre 128 sur 387 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

pauvres; au lieu d'une ceinture plaquée d'or et de pierres précieuses, un simple cordon de laine pure serre sa robe sans la coupera Que si quelque scorpion, quelque serpent à la voix mielleuse veut lui persuader de retourner au fruit défendu, elle l'écrase d'un anatlième comme de son talon, et lui crie, pendant qu'il se débat mourant dans la poussière : « Arrière, Satan-! )>

Les parents de Blésille ne se méprirent pas sur cette dernière allusion, et n'attendirent que le moment de se venger. Les gens du monde, chrétiens ou païens, ne virent aussi dans la lettre de Jérôme qu'une critique publique de leur vie. Quant à lui, devenu le père de la convertie, « en esprit et en charité ^ » il prit à tâche de former son intelligence aussi bien que son âme. Blésille et Eustochium étaient ses a apprenties^. » Il lut le livre de l'Ecclésiaste avec la première pour la confirmer dans le mépris des vanités terrestres. Blésille possédait comme toutes les femmes de sa famille beaucoup d'instruction et une rare facilité pour les langues. Quand elle parlait grec, on doutait qu'elle fût Bomaine, et quand elle prononçait le latin, on eût vainement cherché dans sa parole la trace d'un accent qui ne fût pas le plus pur accent du Latium. A ces deux langues, elle voulut joindre l'hébreu, et en peu de semaines elle parvint à lire et à

4. Gingulum, non auro gemmisque distinctum est; sed laneum, et tota simplicitate purissimum : et quod possit magis astringere vestimenta quam scindere. Hieron., Ep. 19.

2. Si huic proposito invidet scorpius, et sermone blando de vetita rursum arbore comedere persuadet, illidatur ei pro solea anathema, et in suc morienti pulvere dicatur : Vade rétro, Satana. Hieron., ibid.

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