LIVRE IV
le célibat, devait par conséquent trouver pour son premier et plus ardent adversaire à Rome la classe patricienne; il rencontrait ensuite le clergé, qui, en partie marié, en partie livré au désordre des femmes sousintroduites, était disposé à prêter main-forte aux vieux Quirites, pour repousser des principes qui le gênaient.
On devait donc s'attendre qu'un jour ou l'autre un débat sérieux éclaterait devant le public, car les esprits s'animaient des deux parts, et d'un camp à l'autre on se jetait, suivant l'usage, l'accusation et l'injure. La question du célibat intéressant tout le monde, tout le monde s'en mêla, femmes et hommes, païens et chrétiens, laïques, prêtres, moines. Ce fut bientôt un sujet habituel de discussion jusque dans les carrefours; des controversistes en plein vent, le pied et le poing levés \ y traitaient ces difficiles matières avec une franchise de termes, une hardiesse d'analyse devant lesquelles reculeraient notre langue et nos mœurs. Deux hommes se signalèrent entre tous dans cette guerre aux idées monastiques par la virulence de leurs attaques contre la virginité; l'un était laïque et se nommait Helvidius; l'autre, appelé Jovinien, était un moine renégat d'un des couvents de Rome. Helvidius venait de publier un livre que préconisaient avec fracas les ennemis des moines et les adversaires de Jérôme; Jovinien en préparait un autre qui ne parut que plus tard, et en attendant il remplissait la ville de ses prédications et de ses disputes théologiques.
Fort ignorant dans la science sacrée, non moins ignorant dans les lettres profanes, et rhéteur barbare malgi-é