‹ Saint JéromeChapitre 131 sur 387 · Hieron., adv. Jovian · texte numérisé non relu

Hieron., adv. Jovian

sa prétention d'imiter Symmaque^ Helvidius, assez audacieusement, portait la liaclie à la racine de l'arbre. Pour combattre les mérites de la virginité, il niait celle de Marie, au moins depuis la naissance du Sauveur. Armé de passages bien connus des Évangiles et de l'apôtre Paul, il prétendait que la mère de Jésus, après l'avoir mis au monde, avait eu de Joseph, son mari, quatre fils et un plus grand nombre de filles-. Le sens qu'il attachait à ces textes avait été condamné par l'Église dès les premiers temps de la prédication chrétienne. Helvidius le reprenait sans nouvelle démonstration; partant de là comme d'un fait incontestable, il raisonnait de la manière suivante : si la virginité est un mérite devant Dieu, Marie l'aurait gardée jusqu'à sa mort : — elle ne l'a pas gardée : donc le célibat et la viduité perpétuelle ne sont pas un mérite aux yeux de Dieu, mais bien plutôt un démérite. Que penser alors de l'observateur du célibat? Révolté contre l'ordre de nature, desobéissant aux préceptes formels de l'ancienne Loi, il ne comprenait même pas l'esprit de la Loi nouvelle. La conclusion était sans doute qu'on devait dissoudre les congrégations de moines et forcer les moinesses à se marier. Cette théologie n'était pas nouvelle; Helvidius l'avait ramassée chez maint hérétique, propagateur de fausses traditions repoussées par l'Église. H y avait dans tout ce livre un ton si insolent; la science en était si misérable, le style si incorrect, que Jérôme d'abord ne le jugea pas dangereux ; cependant, comme il faisait rire les païens et réjouissait secrètement les ariens, qui voyaient dans le ravalement de la mère du

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