‹ Saint JéromeChapitre 137 sur 387 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

fredonne, où la cymbale éclate. Le parasite met sa gloire à braver l'honnêteté pour divertir celui qui le convie. Les victimes publiques de la débauche ont aussi leur place dans les festins : elles y apparaissent presque nues, sous des vêtements qui n'en sont pas, et s'étalent honteusement à des regards impudiques ^ Quel parti prendra la malheureuse épouse au miUeu de ces orgies? Elle n'en a que deux à choisir : se complaire dans une pareille vie et y périr, ou bien s'en offenser et mettre la discorde dans son ménage. Après la guerre intestine viendra le divorce. Et s'il existe une maison exempte de ces désordres (oiseau bien rare en vérité), restent toujours les soucis d'une administration domestique, l'éducation des enfants, les relations du mari, la correction des esclaves... Oh! quel bon moyen de penser aux choses de Dieu-! »

Jérôme ajoutait ces paroles : « Les nécessités de l'ancienne loi ont passé; d'autres temps sont venus, dont l'Écriture a pu dije : « Malheur à celles qui enfanteront (c et allaiteront dans ces jours-là! » Ainsi le veut la succession des choses. La forêt croît pour être coupée, le champ est semé pour qu'on le moissonne ; le monde est plein, et la terre ne nous contient plus. Chaque jour, la guerre nous décime, les maladies nous enlèvent par milliers, les naufrages nous engloutissent, et nous nous querellerions encore pour des frontières M Les élus, dans ces sombres jours, sont ceux qui suivent l'Agneau et qui

1. Ingrediuntur expositoe libidinuni victimae , et tcnuitate vestium, iiudîje inipiidicis oculis iiigerentur. Hieroii., adv. Helvid.

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