‹ Saint JéromeChapitre 138 sur 387 · Hieroii., ibld · texte numérisé non relu

Hieroii., ibld

3. Quotidic bella nos sécant, morbi subtrahunt, naufragia absorbent, et nihilominus de terniinis lîtigamus? Hieron., ibid.

paraîtront devant lui sans avoir souillé la blancheur de leur vêtement : ce sont ceux qui sont restés vierges ^ » — Il y avait dans ces paroles une sinistre prophétie qui se lisait d'ailleurs au front de cette société maladive : la fin prochaine des anciennes conditions où le monde avait vécu jusqu'alors; mais quels remèdes proposait-on pour retarder le dénoûment!

Cette satire de la vie conjugale excita contre Jérôme beaucoup de clameurs : il eut beau expliquer qu'il n'attaquait point l'institution en elle-même, mais qu'il était libre de préférer le célibat comme plus conforme à la perfection évangélique-, on le tint pour un adversaire déclaré du mariage. Sa réponse à Jovinien ne contribua pas à faire tomber l'accusation, a On m'impute à crime d'avoir dénigré le mariage, disait-il, je ne le dénigre pas, je l'approuve, parce que saint Paul l'a approuvé! je l'approuve, car c'est de lui que viennent les vierges : sans mariage il n'y aurait pas de célibat ^ » Cette défense ironique causa plus d'émotion qu'une attaque directe; les amis de Jérôme s'alarmèrent de l'orage qui s'amoncelait de plus en plus ; ils le supplièrent de se rétracter, et Pammachius insistait, à son insu peut-être, par la pensée de Pauline : Jérôme crut les satisfaire en protestant de ses bonnes intentions conformes aux Écritures, mais il ne renia point sa doctrine.

S'il pensait ainsi des premières noces, comment traitait-il les secondes? On en jugera par l'extrait suivant d'une lettre qu'il adressait un peu plus tard à Furia au

1. De hoc numéro sunt illi qui Agnum sequuntur, qui vestimenta sua non coïnquinaverunt, virgines enini pernianserunt. Hicron., adv. Helvid.

2. Laudo nuptias, laudo conjugium, sed quia mihi virgines générant. Hieron., Ep. 18.

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