Ruf., ApoL, II, ap. Hieron
2. Ne audeam dicere, quse alii facere non erubescunt. Hieron., Ep, 25.
il n'avait jamais pensé, tempêter plus fort que tout le monde, et se prétendre diffamés dans ses portraits, trop lieureux de se mettre eux-mêmes en scène comme des martyrs. De ce nombre était un certain Onasus de Ségesle, avocat riclie, mais ignare et d'une laideur repoussante. » Que me veut donc cet liomme? écrivait Jérôme à Marcella. Je ne puis parler d'aucun vice, d'aucune sottise, d'aucune difformité, qu'il ne les prenne pour lui. Je parle d'un sot, comme on sait : il est éloquent et il se plaint! Je parle d'un prêtre débauché : il est laïque, et il se plaint! Je parle d'un moine qui mendie et dérobe : il est riche et il se plaint! Je parle enfin d'un homme ridicule par la forme hideuse de son nez : il se croit beau, et il se plaint! Je ne pourrai plus rire de rien au monde, ni des larves, ni des hiboux, ni des monstres du Nil : j'offenserais Onasus de Ségeste^ ! »
L'approbation de Damase dans cette lutte lui donnait du courage, et il aimait à couvrir ses doctrines d'une si haute garantie près des vrais chrétiens; mais il éprouvait parfois une appréhension involontaire en songeant à son troupeau de l'Avenlin : ses chères amies ne ressentiraient-elles pas quelque jour le contre-coup de ses propres misères? On retrouve dans une de ses lettres la trace de cette douce et fraternelle préoccupation. « Adieu, dit-il à une de ses pieuses correspondantes, je salue avec toi Blésille, Eustochium, la vierge Félicienne, tout le chœur des autres vierges, et votre Église domestique, pour qui je tremble, alors même que je n'aperçois pour elle aucun danger-. »
1. Placet milii de larvis, de noctua, de bubone, de Niliacis ridero portentis : quidquid dictuin fuerit, in te dictum putas. Hieron., Ep.^^.
2. Saluta domesticam tuam Ecclesiam, cui omnia etiam quœ tuta
siint timeo. Hieron., Ep.ad Paul.