‹ Saint JéromeChapitre 150 sur 387 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

frappé, les lâches mômes relevèrent la tête : ce fut à qui l'insulterait, et ceux qui, au temps de sa faveur, avaient plié le plus bas sous son caractère parfois hautain, se vengèrent du passé par l'exagération de leurs outrages. On était parvenu à soulever contre lui la populace; il ne pouvait plus paraître dans les rues sans entendre crier : « Au Grec! à l'imposteur! au moine ^ ! » Paula, indignée de ces persécutions et prenant Rome en dégoût, parla d'aller à Jérusalem; mais aussitôt sa parenté redoubla de colère et de plaintes : on la déclara folle, et quelques-uns, attribuant cette résolution aux conseils de son ami, répandirent dans le public des bruits odieux sur leur liaison.

Une fois le signal donné par les parents mômes de Paula, il n'y eut pas de crime qu'on ne leur imputât à tous deux. Le sénat des pharisiens-, pour employer le langage de Jérôme, tendit la main au sénat des idolâtres, afin de les mieux écraser. Révoltée de tant d'injustice, sûre de sa conscience, Paula brava ces indignes clameurs, et son projet de départ, jusqu'alors incertain, fut irrévocablement arrêté. Un de leurs ennemis poussa môme l'audace jusqu'à publiquement affirmer, soit de vive voix, soit dans un libelle (on ne sait pas au juste), les difi'amations qui se chuchotaient à voix basse. Jérôme le traîna devant les juges, pour qu'il produisît ses pi'euves ou subît la peine portée par la loi contre les calomniateurs. Mis à la question, le misérable renia ce qu'il avait dit ou écrit, et rendit pleine justice à ses victimes ^ Toutefois le désaveu public de

i. (( Impostor et Grœcus est! » Hieron., Ep. 19.

2. Pharisseorum senatus... Hieron., Prœfat. Didyni. , de Spirit. sanct.

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