‹ Saint JéromeChapitre 151 sur 387 · Hieron., Ep · texte numérisé non relu

Hieron., Ep

rimposteur ne fit pas tomi3er l'imposture; elle continua de circuler, et beaucoup de gens, indifTérents ou jaloux, persistèrent à la considérer comme un lait avéré. Jérôme sentit qu'il n'y avait plus là une simple question de vérité ou de mensonge; il devina le parti pris, la conjuration formée pour le perdre, et le forcer ainsi de quitter Rome. Seul, il aurait lutté sans hésitation, car son caractère n'était pas de ceux qui reculent devant l'attaque ; mais il avait à ménager des femmes et l'Église domestique, qui pouvait crouler sous sa chute : il résolut de partir,

Sept mois environ s'étaient écoulés depuis la mort de Damase, quand, résolu de secouer la poussière de ses pieds contre la « Babylone romaine, la courtisane empourprée de l'Apocalypse, » il dit adieu au troupeau fidèle du mont Aventin. On était alors au mois d'août, saison des vents étésiens, dont la direction favorise les navigateurs qui vont d'Occident en Orient. Arrivé à Rome dans l'automne de 382, Jérôme y avait passé un peu moins de trois ans. Un prêtre romain nommé Vincentius, plusieurs moines ses partisans et son frère Paulinien, qu'il avait appelé près de lui du vivant du pape Damase, voulurent le suivre en Syrie, où il retournait. Lorsque l'exilé sortit de la ville, une troupe d'amis et de réformateurs sincères, qui pleuraient la tentative abandonnée, l'accompagna jusqu'au port du Tibre, où il devait s'embarquer. Au moment de monter sur le navire, et pendant les derniers préparatifs, il se retira à l'écart pour se recueillir et se mit à fondre en larmes. Prenant enfin une plume, il traça, pour sa chère Église domestique, une touchante lettre d'adieux, et l'adressa à la grave matrone Asella, qui par son âge et son caractère imposait le respect à la haine elle-même.

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