‹ Saint JéromeChapitre 152 sur 387 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

(( Chère dame Asella\ lui écrit-il, si j'avais à te remercier ici, mon embarras serait grand, car Dieu seul peut récompenser dignement ta sainte âme de tout le bien qu'elle m'a fait. Quant à moi, j'en suis indigne, et je n'ai jamais eu le droit d'espérer ou rnéme de souhaiter que tu m'accordasses en Jésus-Glirist une si large part d'affection. Quoique certaines gens me croient un scélérat noyé dans tous les vices, tu as voulu juger d'après ton cœur quels étaient les bons, quels étaient les méchants : je t'en remercie.

« Eh quoi! je suis un homme infâme, un fourbe qui prend toutes les formes, un imposteur qui séduit les âmes avec Tart de Satan'-! Ce qu'on croirait à peine d'un coupable convaincu, est-il meilleur, est-il plus sûr de le croire d'un innocent, ou plutôt de feindre de le croire ? Ces gens-là me baisaient les mains en public, et me mordaient en secret d'une dent de vipère; ils s'apitoyaient sur moi du bout des lèvres, et ils avaient la joie au cœur; mais le Seigneur les voyait et se riait d'eux, les réservant à comparaître avec moi, son misérable serviteur, au dernier jugements L'un calomniait ma démarche et mon rire^; l'autre cherchait dans les traits de mon visage un motif d'accusation ; à tel autre la

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