‹ Saint JéromeChapitre 157 sur 387 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

là qu'ail premier siècle de notre ère uue parente de Tempereur Domitien, Flavia Domililla, avait été reléguée sons l'accusation de christianisme. De la mer on pouvait voir se dessiner, au milien d'une campagne fraîche et ombragée \ les cellules creusées dans le roc, où la chrétienne avait passé de longues années d'exil, avant que la mort vînt couronner son martyre. Ce spectacle ranima, comme un puissant cordial, la fille des Scipions, reléguée volontaire aux bornes du monde romain. Les temps avaient bien changé depuis Flavia Domitilla. La religion persécutée siégeait maintenant sur le trône; César et ses préfets ne déportaient plus les chrétiens dans les îles désertes: c'étaient aujourd'hui les chrétiens qui, sur l'inspiration de leur foi, s'arrachaient d'eux mêmes à leur famille, à leurs richesses, à leur patrie, pour aller mener bien loin une vie incertaine et misérable.

Cependant le vent ne soufflait que faiblement, et le navire dut prendre terre dans le port de la petite ville de Scylla, au-dessous du rocher de ce nom et à l'entrée du détroit de Sicile. Jérôme avait relâché en ce lieu quelques mois auparavant; et les voyageurs y prenaient habituellement terre, quand ils devaient faire voile ou vers l'Egypte ou vers la Syrie. Le fameux rocher de Scylla, jadis si redouté des navigateurs, n'était plus pour eux maintenant qu'un vain épouvantait, presque un objet de risée; toutefois les habitants de la ville savaient mettre à contribution la crédulité des passagers en leur racontant comme des faits réels les fables les plus incroyables des poètes. Ils affirmaient que le chant des sirènes et l'aboiement des chiens de Scylla se faisaient

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