Plin., fJist. nat., V, m
iH SAINT JÉRÔME.
toujours entendre la nuil dans leurs parages, et plus d'un étranger, tenté par ces mensonges, consentait à séjourner parmi eux. Les Scylléens avertissaient encore les voyageurs en route pour l'Orient qu'ils avaient à choisir entre deux directions, suivant le motif de leur voyage : la première tendait vers les colonnes de Protée et l'Egypte : c'était le chemin des exilés, des fugitifs, de ceux en un mot qui avaient quelque chose à démêler avec leur conscience; la seconde allait droit sur la Palestine par Joppé : c'était celle des gens tranquilles avec eux-mêmes et avec les autres. Ces contes dont s'amusaient les passagers n'offrirent aucun intérêt à Paula, dont la route était marquée d'avance et qui voulait gagner Antioche en passant par l'île de Chypre, où l'évêque Épiphane l'attendait. Mais le calme le plus contrariant semhlait s'acharner à la poursuivre. Quand elle entra dans les eaux de l'Adriatique , le vent tomba tout à fait, la mer devint unie comme la surface d'un étang, et le navire était menacé de rester en panne, lorsqu'à force de bras, il atteignit l'escale de Modon^
Brisée par celte longue et fastidieuse traversée, Paula prit quelques jours de repos, puis son navire alla reconnaître le cap Malée, longea les rochers de l'île Cythère, et, laissant à sa gauche Pihodes et la côte lointaine de Lycie, entra dans le port de Salamine'. Épiphane accourut pour la recevoir, heureux de lui rendre un peu de cette magnifique hospitalité qu'il avait reçue d'elle à Rome. Paula salua le vieil évêque, en se prosternant à ses pieds, suivant un usage