‹ Saint JéromeChapitre 159 sur 387 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

oriental qui commençait à prévaloir en Occident ^ Épiphane, ainsi que nous l'avons dit, était un grand promoteur de la vie cénobitique, et l'île de Chypre s'était couverte de monastères fondés ou protégés par lui. Il fallut qu'Eustocliium et Paula, par devoir d'hospitalité, les visitassent l'un après l'autre. Les nobles Romaines d'aillears étaient curieuses de voir fonctionner en réaUté ces établissements monastiques, dont Rome ne leur avait offert que l'ombre et pour ainsi dire la fiction : elles laissèrent partout où Épiphane les conduisit des marques de leur abondante charité. Dix jours se passèrent ainsi en courses pieuses et en conversations sur l'état religieux de l'Orient, dont Épiphane était l'interprète à la fois le plus intéressant et le plus authentique; puis les voyageuses reprirent la mer. Après une courte navigation, elles allèrent toucher à Séleucie, qui était le port maritime d'Antioche. Un service de bateaux partait de cette ville pour l'embouchure de l'Oronte, qui ne portait pas les gros navires en toute saison -. Paula et ses compagnes remontèrent le fleuve en une journée, et, sans avoir éprouvé le moindre accident, elles débarquèrent dans la grande métropole de la Syrie.

Elles y étaient attendues avec plus d'impatience encore qu'à Salamine. Tous leurs amis de Rome se trouvèrent là pour les recevoir : Jérôme, le prêtre Vincent, PauUnien, frère de Jérôme, et les moines romains qui avaient consenti à le suivre en Orient. L'évêque Paulin réclama l'honneur de loger la descendante des Scipions à son palais épiscopal. Les nobles Romaines eurent

1. Ubi sancti et venerabilis Epipliaiii pedibus provoluta... Hieron., Ep, 86.

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