Strab., XVI, ii
qui n'est autre que Jérôme lui-même recueillant ses souvenirs en face d'Eustocliium, c'était merveille de voir assise et trottant sur ce rude animal la matrone délicate qui ne marchait naguère que soutenue sur les bras de ses eunuques ^ »
Ils traversèrent rapidement la Syrie maritime. En Phénicie, Béryte ne les arrêta pas : quelle chose pouvait leur plaire dans cette colonie romaine, école trop célèbre de jurisconsultes persécuteurs du Christ? La première étape de leur pèlerinage fut au delà de Sidon, à la tour de Sarepta, plantée, comme un observatoire, au-dessus de la mer. Cette tour avait été jadis la retraite du prophète Élie pendant une longue famine -, et c'est là que la pauvre veuve, louée par l'Écriture, avait nourri l'homme de Dieu d'un gâteau de farine et d'huile qui se renouvelait chaque jour. A leur arrivée à Tyr, les voyageurs coururent d'abord sur la plage où l'apôtre Paul s'était agenouillé avec ses frères, quand il débarqua de Tarse pour se rendre à Jérusalem ^ : ils s'y prosternèrent aussi, pressant de leurs lèvres ce sable sanctifié*. Ptolémaïs, que les Syriens appelaient Acco, et qui porte encore aujourd'hui le nom d'Akkaou Acre, leur présenta d'autres souvenirs de l'apôtre Paul, parti de cette ville pour les prisons de Jérusalem : ils ne la purent laisser qu'à regret. Ils côtoyèrent ensuite la mer autour du promontoire boisé que projette, dans la Méditerranée, la grande montagne du Carmel. Ce mont fameux était,
1. Femina nobilis quae prius eunuchorum manibus portabatur, asello sedens, profecta est. Hieron., Ep. 86.