LIVRE V
fort cher des magistrats de la ville. Entre autres curiosités recherchées des étrangers, on leur faisait visiter, dans les soubassements de l'ancien temple, une prison souterraine où Salomon renfermait les démons, et les torturait pour les rendre plus souples à sa volonté K Cette croyance superstitieuse , en pleine vigueur au iv"^ siècle, existait déjà au i", d'après le témoignage de l'historien Josèphe. Les contes orientaux, sur la magie du plus sage des rois, avaient commencé de bonne heure.
Bethléem et la crèche appelaient Paula et ses compagnons, — le mystère de la Nativité après ceux de la mort et de la Résurrection. Ils voulaient aussi, une fois au midi de Jérusalem, dans l'ancien royaume de Juda, en parcourir les lieux les plus renommés. C'était un voyage long et pénible, qui exigeait des préparatifs sérieux; la petite caravane se réorganisa donc et sortit de la ville, nous pouvons le supposer, dans le même ordre qu'elle y était entrée.
Sa première halte fut à un mille et demi d'^Elia, au tombeau de Rachel, situé un peu à droite du chemin de Bethléem ^ C'est là que l'épouse infortunée de Jacob avait quitté la vie en la donnant à son dernier-né, cet enfant qu'elle nomma Bènoni, « le fils de ma douleur, » mais que le père, dans un élan de sainte confiance en Dieu, voulut appeler Benjamin, u l'enfant de ma droite.»
1. Est ibi et crypta, ubi Salomon dasmones torquebat. Itin. Hierosol.