Euseb., De vit. Constant., IIL 41-i3. — Itin. Hierosol
ainsi que, ravie par la pensée, Paula s'abîmait dans la contemplation de l'insondable mystère : elle pleurait, elle souriait, elle priait en même temps.
Soudain on l'entendit s'écrier : « Salut, Betbléem*, justement appelée v, maison du pain, » car c'est ici qu'est né le vrai pain de la vie '! Salut, Éphrata « la fertile; » — fertile en effet, car Dieu lui-même a été ta moisson M » Tous les passages prophétiques de l'Écriture se présentant alors à sa mémoire, elle les citait en latin, en grec, en hébreu, comme ils lui venaient; et ses pieuses compagnes faisaient assaut de mémoire avec elle. A propos du bœuf et de l'âne, elles se rappelèrent le verset d'Isaïe : (( Le bœuf a reconnu son maître, et l'àne la crèche de son Seigneur, » et cet autre aussi : « Heureux celui qui sème sur les eaux, où le bœuf et l'âne enfoncent leurs pieds ! » A ces mots du psalmiste : « Voici que nous avons appris qu'il était dans Éphrata, et nous l'avons trouvé au milieu des bois\ » Paula qui parlait s'arrêta, et s'adressant à Jérôme : « Vous remarquerez, lui ditelle, que j'ai traduit il et non pas elle, aùT&v et non pas aùTTîv (elle citait en grec), c'est-à-dire Jésus et non sa mère, car il y a en hébreu zo, qui est bien le signe du masculin, comme vous me l'avez enseigné; vous voyez que je n'ai pas oublié vos leçons ^ » Ainsi la science chez ces admirables pèlerins avait droit de se mêler aux élans de la dévotion la plus enthousiaste..
Les amis de Paula eurent peine à l'arracher de ces