‹ Saint JéromeChapitre 20 sur 387 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

— on continuait à l'appeler ainsi, — dominait toujours sa jeune rivale, au moins par la dignité. Comme elle gardait hiérarchiquement le premier rang, hiérarchiquement aussi le siège ecclésiastique de Rome eut le pas sur celui de Constantinople. La question, purement honorifique vis-à-vis de l'Orient, changea de nature vis-à-vis de TOccident; il s'y joignit un droit de juridiction indéterminé d'abord, mais qui tendit à se dessiner chaque jour plus nettement et à s'étendre. En résumé, au point de vue administratif, le siège épiscopal romain eut dès le principe un caractère spécial qui tenait à celui de la ville maîtresse des nations, et de môme que le préfet de Rome différait des autres préfets, l'évèque de Rome ne fut pas un évêque comme les autres évèques.

Sous le point de vue religieux, il se passa quelque chose de semblable, Rome chrétienne hérita en fait du culte que le monde païen avait rendu pendant des siècles et rendait encore à la déesse Rome, « mère des hommes et mère des dieux ^ elle en hérita sous une formule chrétienne, celle de son origine apostolique. La tradition, universellement reçue, que le siège de Rome avait eu pour fondateur le prince des apôtres, et la présence des tombeaux de saint Pierre et de saint Paul dans ses murs^ donnèrent à la métropole chrétienne un éclat religieux qui égalait presque l'ancien, ou plutôt les deux cultes se confondirent. Enfin un détail de gouvernement vint ajouter à ces raisons théoriques un argument pratique et l'exercice d'une autorité qui n'existait nulle part ailleurs. Depuis que

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