Gaii, Ep. ap. Euseb., Hist. EccL, ii
les empereurs occidentaux avaient déserté le mont Palatin pour résider tantôt à Cologne et à Trêves, tantôt à Milan*, le premier fonctionnaire ecclésiastique de Rome, Tévêque, était devenu, vis-à-vis d'un sénat organe du polythéisme, le représentant du christianisme lui-même. L'importance de l'évêque en avait grandi ; il ne voyait personne au-dessus de lui, et dans les circonstances difficiles il traitait d'égal à égal, non pas seulement avec le préfet de la ville ou le consul, mais avec le corps du sénat-. A Gonstantinople, au contraire, l'évêque allait se perdre dans la foule des grands dignitaires qui formaient la cour du prince ^ et le prince, qui depuis Constantin se regardait comme une sorte d'évêque supérieur, tranchait directement beaucoup de cas litigieux soit de discipline ecclésiastique, soit de dogme. Le pape de Constantinople était, sous le point de vue politique, un simple évêque; le pape de Rome fat davantage.
Pour soutenir le rang que la force des choses leur imposait, les évêques de la ville éternelle durent adopter en partie l'appareil des hauts magistrats civils dont ils marchaient les égaux, leur luxe, leur représentation splendide, et ils bronchèrent sans peine sur cette pente naturellement glissante. La mollesse et l'orgueil allant de pair avec le luxe, le siège du pêcheur tendit de plus en plus à devenir un trône presque royal. Plus d'an évêque occidental s'en offusqua, mais l'irritation
1. Histoire de la Gaule sous la domination romaine, 1. 1, et II, passim.
2. Zozim., V, 41. Voir au P*" vol. des Récits de V Histoire romaine au \^ 'siècle les négociations du pape Innocent avec le préfet de la ville et le sénat touchant les propositions d'Alaric.