‹ Saint JéromeChapitre 204 sur 387 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

qiiés de la géométrie sar des figures qu'il u'avait jamais vues. Dans la science sacrée, ses prodiges surpassaient tout cela. Didyme savait par cœur les deux Testaments, de manière à en réciter, rapprocher, commenter les textes avec la sûreté de mémoire que les travaux d'interprétation réclament ^ Il connaissait également à fond les autres livres chrétiens.

Alexandrie était encore le siège de cette haute école d'exégèse, où la philosophie servait d'introduction à la théologie, et Platon d'initiateur à l'Évangile. La chaire fondée au i*^-' siècle par Pantène, transmise par lui à Clément, et par Clément à un disciple qui les éclipsa tous deux, Origène, cette chaire était maintenant occupée par Didyme. Origène y régnait toujours dans l'enseignement de ses successeurs : par la profondeur de sa science et la hardiesse de sa pensée, il était devenu l'âme de l'école alexandrine. Didyme l'admirait, sans le suivre dans les hypothèses aventureuses où s'était égaré son génie, et, tout en repoussant certaines erreurs sur lesquelles l'Église avait prononcé et se gardant des autres, il l'aimait, il le proclamait son maître ou plutôt son oracle. Tel était Didyme, et ce fanatisme d'école ne le fit jamais dévier de la vraie foi; le courage avec lequel il défendit la cause de la consuhstantialité dans les disputes de Tarianisme lui valut toute l'affection d'Athanase. Les évoques les plus éminents de la Syrie comme de l'Asie Mineure venaient se faire écoliers pour l'entendre, tant sa parole avait d'élévation et de charme; les moines d'Egypte désertaient leurs solitudes pour se trouver sur son passage et l'apercevoir un moment. On raconte que le grand Antoine (on le qualifiait ainsi) étant

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