‹ Saint JéromeChapitre 205 sur 387 · Théodoret., iv, 29. — Sozom., m, 15. — Socr., iv · texte numérisé non relu

Théodoret., iv, 29. — Sozom., m, 15. — Socr., iv

venu le visiter du fond de son désert, voisin de la mer Ronge, Didyme Taccueillit avec intérêt, car Antoine joignait un esprit droit et un cœur généreux à une foi inébranlable. Et comme il lui arriva pendant leur entretien de gémir sur sa cécité, le moine l'interrompit : « 0 Didyme, s'écria-t-il dans un élan d'enthousiasme, ne parle pas ainsi ! Ne te plains pas du lot que le ciel t'a fait! Si Dieu t'a refusé les yeux du corps, qui sont communs à tous les hommes et même aux animaux les plus immondes, aux serpents, aux lézards, aux mouches, il t'a donné les yeux des anges pour le contempler face à face *. ))

On devine l'empressement de Jérôme à converser avec le savant aveugle. 11 courut chez Didyme dès son arrivée et le revit ensuite presque tous les jours, car rÉgyptien et le Dalmate se prirent d'un goût sérieux l'un pour l'autre. Paula accompagnait son ami à ces conférences, où toutes les sciences de ce temps étaient passées en revue, pour venir appuyer la vérité évangélique, et elle ne tarissait pas d'admiration. Ainsi jadis son ancêtre Scipion écoutait LéUus lui révélant les arts de la Grèce. Jérôme nous dit que, si par hasard il oubliait l'heure de la visite, elle était la première à la lui rappeler, n'osant pas, sans doute, se rendre seule chez Didyme de peur d'encourir le blâme de présomption ou d'importunité. Un mois s'écoula dans ces confidences du savoir et de la piété. Jérôme en rapporta plusieurs traités devenus rares môme en Orient, et l'érudit docteur

1. Non est grave nec dolendum, o Didyme, quod oculis careas, quibus lacertœ, mures et vilissima prœdita sunt animalia, scd beatuin potins et sccundum est, quod perindc atque Angcli oculos liabcas, quibus Deum perspicuc contemplaris, et vcram notitiam exacte percipis. Sozom., m, 15. — Socr., IV, 2rv

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