‹ Saint JéromeChapitre 207 sur 387 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

pour les curieux ou les dévots qui vouaient le visiter.

Trois routes y conduisaient en partant d'Alexandrie, routes inégalement longues, et qui présentaient chacune son caractère particulier de fatigues et de dangers. La première franchissait d'abord le lac Maréotide et longeait ensuite la vallée, au milieu des cristallisations de nitre et des marécages salins, jusqu'à la montagne qui formait le centre des établissements monastiques; mais le lac, soumis aux vents du large, et parfois agité comme la mer, était redouté pour plus d'un naufrage ^ ; souvent aussi les fondrières de la vallée devenaient impraticables. La seconde route se dirigeait à l'ouest, entre la mer et le lac Maréotide, jusqu'à son extrémité, puis, tournant au midi, gravissait, à travers les sables, le contre-fort qui séparait de la vallée de Nitrie celle du Fleuve-sans-Eau. Cette route passait par un pays désolé, qui n'offrait au voyageur ni une goutte d'eau ni un brin de verdure-. L'aventureuse Mélanie avait voulu la suivre pendant sa tournée en Egypte : elle faillit d'abord être enlevée avec Rufin par une bande d'Arabes embusqués près de la mer, et ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval; puis son escorte, mal fournie de vivres et peut-être égarée, fut sur le point de mourir de faim et de soif^ il fallut qu'elle lui abondonnât ses provisions au risque d'en manquer ellemême.

La troisième route enfin remontait le Nil jusqu'à

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