‹ Saint JéromeChapitre 22 sur 387 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

fut vive surtout dans les grands sièges d'Orient, u Je hais le faste de cette Église, » disait Basile de Césarée, interprète en ceci des sentiments de ses frères*. Ce poste envié s'acquérant par Félection, une ambition fiévreuse envahit le clergé romain : tout prêtre, tout diacre même voulut être pape, comme dans les armées tout soldat voulait être empereur. Rien ne fut plus épargné pour réussir, ni l'intrigue, ni la fraude, ni la calomnie, et la violence allasouvent jusqu'au meurtre. L'honnête etvéridique païen Ammien Marcellin, qui fut presque témoin d'une élection papale où le sang avait coulé dans les églises et dans les rues, faisait à ce sujet ces réflexions pleines de sens : « Je ne suis pas surpris d'une telle ambition, dit-il, et je ne m'étonne pas non plus qu'on se batte si rudement pour la satisfaire, car, une fois évêque, on est assuré de grands avantages pour l'avenir et pour le présent; on ne sort qu'assis dans un char, magnifiquement vêtu, et une table vous attend, dont la délicatesse pourrait délier celle des festins impériaux. Ces hommes seraient plus heureux, ajoute-t-il avec un peu de mélancolie, si, au lieu de se fonder sur la grandeur de la ville, ils suivaient l'exemple de quelques évêques provinciaux que leur sobriété, la vile té de leurs vêtements, l'humilité de leurs regards baissés vers la terre, recommandent aux adorateurs de leur Dieu comme de vrais pontifes dignes d'eux et de lui-. » On raconte que, Damase essayant un jour de convertir au christianisme le préfet de la ville, Prœtextatus, païen spirituel et assez sceptique, quoique pontife de Vesta et du Soleil : « Oh! s'écria

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