‹ Saint JéromeChapitre 210 sur 387 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

gneiisement que des places de guerre. « Ces frères, conlinne Paifin, laissèrent paraître une vive gaieté et un grand plaisir à nous recevoir. Les uns apportaient des pains, d'autres des peaux de bouc remplies d'eau, car l'eau de la vallée était saumàtre; mais il y avait vers le pied de la montagne une fontaine excellente. Nous fûmes conduits à l'église, puis on nous lava les pieds, qu'on essuya avec des linges, non pour nous soulager de la lassitude du chemin, mais pour ranimer dans nos âmes la force et la santé spirituelles par cet office de charité ^ )> Telle avait été la réception de Mélanie : celle de Paula présenta plus d'appareil comme plus de solennité. L'évéque d'Hermopolis, Isidore, informé de son départ, soit par le gouverneur d'Alexandrie, soit par Didyme luimême, avait voulu y présider en personne. Son clergé, rangé autour de lui, était au grand complet. Il avait même convoqué une partie des anachorètes des Cellules et des cénobites des couvents : on eût dit un peuple que son chef commandait, sous des ornements épiscopaux-. Dès que Jérôme, Paula et leurs compagnons, ayant mis pied à terre, commencèrent à gravir la montagne, la procession s'ébranla et descendit à leur rencontre, au chant des hymnes et des psaumes. Ce spectacle inattendu et magnifique les remplit tous d'une émotion que Paula trahissait par des larmes à peine contenues. Aux compliments de bienvenue que lui fit Isidore, elle répondit

1. Huic ergo cum appropinquavimus loco, ubi peregrinos fratres appropinquarc senserunt, continuo velut examen apum, singuli quique ex suis cellulis proruunt, atque in obviam nobis laeto cursu et festina alacritate contendunt, portantes secum quam plurimi ipsorum urceos aquœ et panes... Tune deinde susceptos nos adducunt primo cum psalmis ad ecclesiam, lavant pedes... Ruf., Vit. Patr., ii, c. 21.

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