LIVRE VII
quelques années plus tard, à Augustin : « Je me tiens bien caciié dans ce trou pour y pleurer mes fautes, en attendant le jour du jugement ^ »
Il fixa dès lors la manière de vivre à laquelle il resta fidèle jusqu'à sa mort, n'usant que de la nourrituie la plus commune et des vêtements les plus grossiers. Son repas se composait d'un peu d'herbe et de pain bis ; le vin et la viande en étaient sévèrement exclus, sauf les cas de maladie, et il regardait comme une rupture du jeûne de manger avant le coucher du soleil. Les heures de la prière étaient réglées également; quant à celles du travail, il les prenait aussi bien sur la nuit que sur le jour. Pour payer sa bienvenue aux habitants de Bethléem, il ouvrit dès son arrivée une école gratuite de grammaire, à laquelle accoururent bientôt tous les enfants de la ville-. Il y enseignait le grec et le latin. Ramené par devoir aux livres de sa jeunesse, qu'il avait tant chéris et tant maudits, quittés, repris aussitôt et quittés encore, il les ressaisit de nouveau avec une passion toute juvénile. Virgile, les poètes lyriques, les poètes comiques, les orateurs, les historiens, les philosophes, Cicéron, Homère, Platon, devinrent sa lecture journalière; et il ne se lassait pas de les relire pour les expliquer, retrempant son génie à ces sources du beau et du grand, en même temps qu'il les ouvrait à des intelligences actives et neuves, avides de sentir et de savoir.
Jérôme en cela ne croyait pas faire de ses élèves des chrétiens moins bons que lui-même; il était persuadé,
1. Clausus cellula ac procul a turbis remotus, praeterita plango vitia... Hieron., Ep. 89. — Latitantem in cellula, diem tantum expectare judicii. Hieroa., Ep. 33.