Amm. Marc, xwii
celui-ci en riant, faites-moi évêqiie de Rome, et je me fais chrétien ^ »
On le voit, un matérialisme païen enveloppait toute cette société, chrétienne ou non, et le pasteur en était atteint comme le troupeau. On pouvait porter la croix sur sapoitrine et avoir le nom dn Christ sur ses lèvres, on était polythéiste par les mœurs. Le christianisme en effet n'avait accompli que la moitié de sa tâche avec Constantin ; il était devenu le second culte" de l'État, il s'était donné une hiérarchie puissante et marchait à grands pas vers la domination religieuse exclusive-; mais il n'avait point pénétré dans les mœurs : sa seconde mission, la plus difficile peut-être, était d^ s'assimiler la société par lui conquise. Il fallait, pour y parvenir, faire descendre une âme chrétienne dans ce corps social façonné par le paganisme, et qu'un christianisme superficiel était inhabile à transformer. Les chrétiens sérieux sentaient la nécessité d'une réforme, et dans le clergé lui-même plus d'un la demandait, tout en s'accommodant des abus. Elle devait venir du dehors. Un souffle parti de l'Orient l'apporta sur les collines du Tibre, ou du moins en sema quelques germes en passant.
Vingt-cinq ans environ avant le pontificat de Damase, et vers Tan 3/il, Rome reçut dans ses murs un hôte bien illustre, le plus illustre dont pût se glorifier une ville chrétienne, car c'était Athanase, évoque d'Alexandrie,