‹ Saint JéromeChapitre 229 sur 387 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

avec le dehors était interdite. Paula, naturellement si pleine de mansuétude, employait parfois la menace et la rigueur dans les corrections, pensant qu'il n'y a pas de règle inflexible et qu'il faut approprier au caractère de chacun les moyens d'amendement. L'apôtre Paul disait: (( Qu'ai-je à faire vis-à-vis de vous? Vous reprendrai-je avec sévérité ou avec douceur? Choisissez d'après votre inclination ^ » Telle fut la pratique de Paula.

Elle ne soufl'rait pas que ses religieuses eussent rien en propre, excepté leurs vêtements et leur nourriture. Elle savait que la dernière passion qui persiste dans les cloîtres est l'avarice; elle en avait vu de tristes exemples, soit à Rome, soit en Egypte : elle se rappelait cet acte d'un saint abbé faisant jeter dans la fosse, avec le cadavre d'un de ses moines, un trésor trouvé cliez lui^ (( Ne les séparons pas, avait-il dit, car ceci était son âme! » Point de contestation, point de querelle parmi les sœurs : Paula accourait au premier signe de dissentiment; elle jugeait, rapprochait ou condamnait. Elle appliquait le jeûne aux besoins de l'àme comme à ceux du corps. (( Ayez plutôt, disait-elle à ses religieuses, l'estomac malade que le cœur malhonnête ^ » Ennemie de la recherche des vêtements, elle détestait encore plus la négligence et la malpropreté : un extérieur mal réglé dénotait, suivant elle, quelque vice et quelque corruption intérieure. Les caquets, les bavardages l'impatientaient, ainsi que la mauvaise humeur et les chicanes.

1. « Quid vultis? In virga veniam ad vos, an in spiritu lenitatis et jnansuetudinis? » Hieron., Ep. 86.

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