‹ Saint JéromeChapitre 24 sur 387 · LIVRE PREJVIIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREJVIIER

le même qui, n'étant encore que diacre, fit prévaloir au concile de Nicée la doctrine catholique de la consubstantialité. Persécuté depuis lors par les ariens, il avait été banni à Trêves du vivant de Constantin, puis rappelé et réintégré par Constance dans son siège, où de nouvelles persécutions ne tardèrent pas à l'assaillir. Obligé de fuir et de sauver ainsi sa vie menacée, il trouva un asile près de l'évêque de Rome, à qui il demanda des jugespour sa propre justification et pour la confusion de ses ennemis. L'évêque de Rome l'accueillit bien, et si Anathase n'eut pas la satisfaction de montrera l'Occident jusqu'où allait en Orient l'imposture arienne, aidée de la connivence des magistrats, il y laissa du moins des aspirations de réforme auxquelles son nom reste attaché.

Il amenait avec lui à Rome deux solitaires égyptiens qui avaient quitté le désert de Nitrie pour partager son exil. L'un se nommait Ammonius, et devint célèbre plus tard comme abbé d'un des grands monastères de la contrée' ; l'autre, appelé Isidore, était l'homme de confiance d'Athanase, qui, pour le fixer près de lui, l'institua grand hospitaUer d'Alexandrie-. On avait bien entendu parler en Italie des cénobites d'Egypte ou de Syrie et de leur existence étrange, environnée de prodiges, mais c'était par de vagues récits, et on n'en avait jamais vu aucun : ceux-ci furent donc l'objet d'une curiosité presque égale à celle qu'excitait leurévêque. Rien n'était plus dissemblable que ces deux hommes sortis de la même vie, animés du môme enthousiasme pour la solitude, mais d'âge et de caractère différents. Le plus âgé, Ammonius, semblait porter le désert avec lui; toujours

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