LIVRE VII
grande hâte le sentier d'Arcliélaûs et courait s'enfermer dans son paradis, dont l'abord était interdit aux fâcheux. Il paraît même, d'après la tradition, qu'il fit pratiquer dans le roc un chemin plus court, au moyen d'un escalier qui, de l'enceinte de son couvent, conduisait à l'endroit chéri de sa retraite.
Au milieu de tout cela, Jérôme entretenait une vaste correspondance avec l'Italie, la Gaule, la Dalmatie, l'Espagne, et surtout avec Rome. En dépit de leur séparation, il était resté l'âme de l'Église domestique et de tout ce qui s'y rattachait de près ou de loin. On le consultait sur toutes choses : questions de discipline monastique, questions de dogme, interprétation des textes bibliques, règles de discipline morale, tout était soumis à son tribunal : et ses jugements étaient presque toujours sans appel. Il trouvait en retour dans les membres de cette petite communauté un dévouement sans réserve : hommes et femmes veillaient à l'envi sur sa renommée et faisaient face à ses ennemis, toujours prêts à l'attaquer. La polémique, en effet, se continuait entre eux et Jérôme, d'une rive à l'autre de la Méditerranée : c'est à Bethléem qu'il composa ses livres contre Jovinien\ et, sous forme de lettres, plusieurs diatribes très-mordantes contre les moines et le clergé romain ^ Cette nouvelle