Socrat., IV
2. Pallud., Hht. ad Laiis., Bibl. vet. Pair., t. ii, p. 901. Paris, 1624.
silencieux et triste, il affectait pour ce qui l'entourait une indifférence pleine de dédain : pendant son séjour à Rome, il ne voulut rien visiter des curiosités de cette métropole de l'univers que les tombeaux des apôtres Pierre et Paul^ . Isidore au contraire, qui avait à peine vingt ans, se montrait facile à toutes les impressions, s'intéressait à tout, recherchait le monde et la compagnie des femmes, et bientôt le moine égyptien, choyé, adulé, se trouva introduit dans la plus haute société de Rome. « Il connaissait chaque membre du sénat, nous dit un contemporain, et même les principales dames de la ville ^ » Isidore suivait ordinairement Athanase dans ses visites, soit chez Entropie, tante de l'empereur Constance et sœur du grand Constantin, restée catholique en dépit des hérésies de sa famille, soit chez Abutéra, Spérantia et autres matrones dont l'exilé nous a conservé les noms. Ammonius les accompagnait quelquefois. Une des maisons que les Égyptiens fréquentaient le plus volontiers était celle d'Albine, veuve d'un haut rang aussi distinguée par son esprit que par l'illustration de sa race ^
Restée libre de bonne heure, Albine avait renoncé aux secondes noces pour se vouer tout entière à Téducation de sa fille unique, Marcella, encore enfant. Malgré sa ferveur chrétienne, elle aimait le monde et en partageait les idées ; elle rêvait pour sa fille un mariage éclatant et u l'honnêteté » avec beaucoup de richesses^ Au rebours de sa mère, Marcella, qui