Epiphan,, ibid
mît d'attaquer un nom qui contribuait à la gloire de sa cité autant qu'à l'éclat de son siège épiscopal, et comme chez Théophile, qui occupait alors ce siège, la persécution suivait de près le blâme, il traita rudement les moines ou les prêtres trouvés coupables de pareilles critiques. Théophile d'ailleurs, origéniste de position, passait pour l'être aussi de conviction , car c'était lui qui avait inculqué à Rufin , durant son séjour en Egypte avec Mélanie, quelques -unes des opinions du grand docteur d'Alexandrie. Dans l'esprit logique et froid du prêtre d'Aquilée, ces opinions avaient pris un corps, et, à la différence de Jérôme, qui puisait dans Origène des armes pour fortifier sa propre orthodoxie, Rufin refaisait Origène à son image, prêtant à ce maître un peu fantasque l'esprit d'ensemble et de cohésion, qui lui avait toujours manqué. Au dire de Rufin, Origène était la lumière de l'Évangile après les apôtres ^ Il le redit tant de fois à l'évêque de Jérusalem, avec lequel il s'était hé; il lui en donna tant de raisons arrangées à sa manière, que Jean de Jérusalem, fort médiocre savant, se fit à peu près origéniste, sur la parole de Rufin.
Les choses en étaient là , lorsqu'en l'année 395 un certain Aterbius, théologien subtil, qui avait pris à tâche de combattre Origène, arriva dans Jérusalem, suivant à la trace les disciples pour les saisir corps à corps avec le maître. Aterbius fit son enquête avec une adresse per-
1. C'était aussi l'opinion de Sulpice Sévère : « Neminem post Apostolos habeat sequalem, in ea parte quse probatur. » Sulp. Sever., Dial. 4.