‹ Saint JéromeChapitre 247 sur 387 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

fide : il vit l'évêque de Jérusalem et assista à ses homélies; il s'entretint plusieurs fois avec Rufin, et tâcha de savoir de lui ce qu'il fallait penser de Jérôme-, puis il lança tout à coup dans le public un manifeste par lequel il dénonçait l'évêque, le moine Jérôme, ami de Rufin, ce dernier surtout, comme des origénistes, et le diocèse de Jérusalem comme atteint tout entier de cette lèpre funeste. Jérôme ne perdit pas un moment pour se justifier, indiquant de quelle façon il suivait Origène , de quelle façon aussi il le condamnait : sa déclaration était nette et précise. Rufin se tint enfermé dans son monastère pour ne point voir Aterbius, esquivant toute explication verbale ou écrite ^ Quant à l'évêque de Jérusalem, il dédaigna l'accusation, du haut de son orgueil; mais il en voulut mortellement à Jérôme d'avoir songé à se disculper quand son évêque gardait le silence.

Le successeur de Cyrille au siège épiscopal de la Ville Sainte, Jean de Jérusalem^, avait en effet bien autre chose en tête que d'absoudre ou condamner Origène, et de donner son avis sur la résurrection des corps; il soutenait alors une guerre de prééminence contre l'évêque de Césarée, son métropolitain. Jean avait reçu de ses prédécesseurs l'héritage de cette guerre, qu'il transmit à ses successeurs. Il paraissait en effet contre toute raison et tout droit aux pasteurs de cette grande Église, la première du monde, puisqu'elle avait été le théâtre de la Rédemption et le lieu d'assemblée des apôtres, qu'on l'eût réduite à l'état d'Église secondaire sous la suprématie de Césarée. Ainsi le voulait la hiérarchie civile ,

1. Tu clausus domi, nunquam eum videre ausus es. Hieron., in Ruf., III.

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