‹ Saint JéromeChapitre 248 sur 387 · Il avait succédé à Cyrille le 18 mars de l'annéô 38G · texte numérisé non relu

Il avait succédé à Cyrille le 18 mars de l'annéô 38G

qui, lors de l'établissement ecclésiastique, sous Constantin , avait servi de règle à la hiérarchie religieuse : or, qu'était-ce que Césarée dans l'ordre religieux à côté de Jérusalem? Cette subordination pesait donc à tous les évêques possesseurs de ce siège, et ils cherchaient l'un après l'autre à la secouer, pour se rendre métropolitains eux-mêmes, ou du moins patriarches indépendants sur leur territoire. Jean menait avec intrépidité cette campagne, qui se termina finalement à l'avantage de son Église. Intraitable dans ses prétentions à l'indépendance, il reconnaissait pour ami quiconque les proclamait comme lui; mais quiconque en doutait était son adversaire naturel et devenait son mortel ennemi, s'il osait appeler de ses décisions au métropolitain , ou communiquer avec le métropolitain sans son intermédiaire.

C'est ce qu'avait déjà fait Jérôme, suivant toute probabilité, à en juger par ce qu'il fit plus tard. Jean tenait donc dès lors en suspicion les monastères de Bethléem et leurs habitants. Il faut dire aussi que la renommée qui entourait Jérôme et Paula , la gloire littéraire de l'un, le nom illustre de l'autre, et ce grand concours d'étrangers accourus de toutes parts pour les voir, avaient de quoi offusquer un homme non dénué de mérite, mais que son infériorité reléguait bien loin derrière eux dans l'ombre. Rufln, habile à profiter de tout, assez maître de lui-même pour sacrifier froidement sa vanité à son orgueil et son orgueil au plaisir d'écraser un rival, Rufin affectait d'approuver les rancunes de révêque pour l'aigrir encore davantage, et Mélanie, entrée aussi dans les confidences intimes du prélat , attisait le feu contre son ancien ami. Ils trouvèrent mauvais qu'on fît à Bethléem tant d'étalage d'orthodoxie sur la sommation d'un agresseur obscur, envers lequel Rufin

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