LIVRE VIII
les Églises où naissaient des querelles, et comme il en naissait beaucoup et de fort envenimées souvent, on avait surnommé Isidore l'Hippocrate des chrétiens ^
Avant de partir pour la Judée, le légat s'était fait précéder de deux missives, l'une pour l'évêque Jean à TËlia, l'autre pour le prêtre Vincentius à Bethléem ; mais, par la plus étrange des aventures, il se trompa d'adresse, et la lettre destinée à Févéque fut remise par le porteur à Vincentius. La lecture de ce message remplit de stupeur les moines de Bethléem, et il n'y avait pas à se méprendre, la lettre était écrite en entier de la main d'Isidore. Jérôme y était traité du ton le plus méprisant : on ne daignait pas même lui conserver sa qualification de prêtre. Il en fut grandement offensé. (( Cet Hippocrate, dit-il avec colère, commence donc par moi ses opérations chirurgicales! Le voilà qui me charpente sans emplâtre ni collyre-, me mutilant du titre qui me fcût son égal! » Dans cette lettre tout à fait confidentielle, Isidore s'efforçait de rassurer Jean et les amis de Jean sur les conséquences possibles de sa mission. « Gomme la fumée se dissipe dans l'air, écrivait-il avec une emphase tout orientale, comme la cire se liquéfie au voisinage d'un brasier, ainsi vont se dissiper à mon arrivée ces ennemis de la vraie doctrine ecclésiastique, qui cherchent à inquiéter la foi des simples, n Il taxait aussi de « niaiseries » les plaintes et les argu-
volumes d'Alaric et de Saint Jean Chrysostome et l'impératrice Eudoxie.