‹ Saint JéromeChapitre 277 sur 387 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

avait tourné si pleinement contre eux ; il la reprend, en la lançant de nouveau avec des réticences et des enjolivements odieux. Ueprenant aussi la lettre à Eustocliium, il en détache des mots d'une liberté énergique, et telle que la tolérait la langue latine, pour crier à l'obscénité ^ Jaloux surtout de cet immense savoir de Jérôme et de cette éloquence qui versait tant d'éclat sur les plus arides discussions de l'Église, il s'arrête longuement à cette prétendue vision du désert de Chalcide , où Jérôme, dans le délire de la fièvre, avait promis à Dieu de brûler ses livres profanes et de n'être plus Cicéronieu. Vainement Jérôme affirmait que ce n'était qu'un rêve. — « C'était une vision, répliquait Piufin, car toi-même tu l'as qualifiée ainsi autrefois -. » Et il partait de là pour le déclarer violateur d'un serment fait à Dieu lui-même en présence de ses saints anges^, et doublement parjure, car, non content de lire toujours ces livres païens qu'il avait promis de brûler, il en infectait par ses enseignements la jeunesse chrétienne de Bethléem.

D'une récrimination, Rufin passait cà l'autre : après rimputation de paganisme ve.nait celle de judaïsme, et (( Barabbas préféré à Jésus-Christs » — « Oui, ajoutait-il avec une méchanceté consommée, tes fautes et notre brouillerie sont le fruit de tes fréquentations antichrétiennes. Tu étais mon frère bien-aimé avant que tu m'eusses été enlevé par les Juifs. Ce sont eux qui font séduit par l'appât d'une fausse science, et font précipité

1. Alia quoque ingerit obscœiia quam plurima. Ruf., Apol.^ ii.

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