‹ Saint JéromeChapitre 28 sur 387 · Hieron., Ep · texte numérisé non relu

Hieron., Ep

la maison son ermitage, du jardin son désert : elle y passa ses journées, se livrant en paix, loin des yeux jaloux, à la contemplation, à la prière, aux austérités. Elle ne paraissait plus en public qu'à certaines heures et accompagnée de sa mère, pour se rendre aux tombeaux des apôtres. Cependant cette retraite absolue, loin de la ville, ne remplissait que la moitié de son but, car, rentrée dans sa demeure, elle y retrouvait le mouvement du monde. Une autre veuve chrétienne, Sophronie, excitée par son exemple, s'était arrangé une petite cellule dans sa propre maison sans sortir de Rome ; Marcella voulut en faire autant^ L'habitation qu'elle tenait de sa famille était un vaste palais situé sur le mont Aventin-; elle en consacra une partie à des réunions pieuses, et à un oratoire où Ton devait prier en commun: le premier couvent de Rome naquit ainsi sous des lambris dorés.

Au fond, Marcella, malgré les inimitiés, malgré les clameurs de l'intérêt et les mensonges de l'esprit de parti, était respectée et aimée : elle vit accourir à elle tout ce qu'il y avait de chrétiennes ferventesdans son entourage. La nouveauté, la curiosité, l'entraînement de la mode, en amenèrent d'autres. 11 s'organisa de la sorte un conventicule de femmes riches, influentes, appartenant pour la plupart au patriciat, etl'oratoire du mont Aventin devint le siège d'une puissance laïque avec laquelle bientôt le clergé lui-même dut compter. Pour montrer de quel poids les effoi'ts combinés de ces femmes pouvaient, en certaines circonstances, peser sur les affaires de l'Église, il me suffira d'en nommer quelques-unes, que nous

Page 1