‹ Saint JéromeChapitre 29 sur 387 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

retrouverons d'ailleurs comme personnages principaux ou secondaires dans le cours de ces récits. Toutes n'avaient pas la même manière de vivre, le même caractère, la même condition domestique. Il s'en trouvait de veuves et de mariées, de mondaines et de sérieusement dévotes; les unes avaient des maris chrétiens et une famille chrétienne; les autres avaient épousé des païens, et, presque isolées au milieu de' leurs proches, cherchaient au dehors un appui pour leurs enfants et pour elles-mêmes. En effet, les mariages mixtes Mi' étaient pas rares au iv^ siècle et les unions se fondaient beaucoup plus fréquemment sur les convenances de race ou de fortune que sur la sympathie des croyances ou la similitude des cultes.

La première en estime et en autorité dans le conventicule du mont Aventin était une veuve déjà avancée en âge, Asella, dont nous ignorons la famille. Elle aussi avait rompu avec sa parenté, vendu ses parures en cachette; elle vivait pauvrement et partageait avec les indigents le peu de biens qui lui restaient ; mais ses vertus, sa douceur, son inépuisable charité, en avaient fait unobjetde respect pour les polythéistes eux-mêmes-. Venait ensuite Furia, qui apportait au sein de l'humilité chrétienne les plus hautes prétentions aristocratiques : veuve comme Asella et comme elle d'une vie austère, elle présentait un des plus frappants exemples de ce bouleversement des idées qui faisait de la. petitefille de Camille une servante du Dieu crucifiée Fabiola, son égale en noblesse, puisqu'elle se recommandait du

i. Matrimonia imparia. Hieron., Ep. 57.

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