Hieron., in Huf., m
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troupe, d'Occident en Orient, rapporter au solitaire quelque injure, quelque imputation, quelque défi nouveau de son ennemi. Dans un travail douloureux, comparable à celui du martyr qui compte ses plaies, Jérôme recueillait, coordonnait tous ces rapports et construisit là-dessus la charpente de sa défense. Enfin Paulinien, de retour à Bethléem, lui remit une partie de l'ouvrage obtenu à grand'peine : Jérôme put alors répondre. En méditant cette œuvre si perfidement combinée et si contenue dans la forme, il sentit qu'il devait se modérer lui-même, suivre son redoutable ennemi d'attaque en attaque, d'argument en argument; ne rien négliger, ne rien laisser sans réponse, se servir en un mot des mêmes armes : il lui emprunta jusqu'à son titre d'Apologie^. Jamais Jérôme ne s'est élevé plus haut que dans ces pages qu'on ne lit plus guère aujourd'hui. Discussion théologique, justification personnelle, attaques, plaintes, colère enfin, quand l'indignation l'emporte, tout cela est présenté avec une vivacité de style, une abondance de traits, une force de raison vraiment merveilleuses. V Apologie de Rufin porte sans doute la trace d'un grand talent : celle de Jérôme du génie. Et quand on se transporte au temps où ces pages furent écrites , quand on songe aux intérêts qui prédominaient dans ce siècle livré aux passions religieuses,on ne s'étonne pas que celte lutte de deux prêtres, à propos d'Origène, ait pu diviser l'attention du monde chrétien, au moment même où Rome était menacée par les Rarbares. Nos temps modernes nous ont donné plus d'une fois de pareils spectacles, sous l'empire
1. Misi hos ipsos Apologiœ mese libros, ad eos quos tu vulneraveras, ut venena tua nostra sequeretur antidotus. Hieron., m Ruf., m.