‹ Saint JéromeChapitre 30 sur 387 · Hieron., Ep · texte numérisé non relu

Hieron., Ep

nom de Q. Maximus, comme l'autre du nom de Camille, ne l'égalait guère en austérité. Ardente dans ses passions (et la dévotion en était une), Fabiola, encore très-jeune, avait incessamment passé de Dieu au monde et du monde à Dieu. Pour le moment elle avait deux maris vivants; mais, dégoûtée du dernier, elle commençait à se demander si la bigamie (c'est ainsi qu'on appelait les secondes noces) n'était pas un péché plus grand que la rupture d'un premier mariage, et nous la verrons faire à ce sujet, près d'un des grands docteurs de l'Église, une consultation tant soit peuinsidieuse^ Je me hâte de dire que Fabiola racheta par le repentir les légèretés de sa jeunesse, et que son immense charité la fit inscrire, non sans hésitation pourtant, sur le catalogue des saintes du iv^ siècle. Nous ne savons rien de Marcellina et de Félicité, deux autres sœurs du conventicule-, sinon qu'elles étaient dignes des meilleures. Mais toutes les gloires de la beauté et de la fortune se réunissaient sur Paula et sur ses deux filles, Blésilla et Eustochium. qui pouvaient suspendre avec orgueil dans l'atrium de leur demeure les images de Paul-Émileetd'Agamemnon.On ne contestait pas, en effet, à Paula, laprétention dedescendrepar sa mère d'une sœur de Paul-Émile , entrée par adoption dans la famille des Scipions, et son père Rogatus, Grec et propriétaire de la riche ville de Nicopolis, près d'Actium, invoquait comme auteur de sa race Agamemnon, le roi des rois. Paula avait épousé un autre Grec, nommé Julius Toxotius, qui se disait descendant d'Énée, et, en fils respectueux de Vénus, n'avait point voulu renoncer au paganisme. Elle avait eu de ce mariage quatre filles

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