‹ Saint JéromeChapitre 296 sur 387 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

Ausoiie en tête, pussent lui reprocher de négliger la langue, de décolorer la poésie latine, en s'abstenant par système des périphrases et des métaphores mythologiques qui en font le charme, et de commettre enfin, contre les Muses, de pieuses fautes de prosodie.

Voici comment il nous décrit l'apparition de Mélanie et de son cortège, à leur débouché dans la ville de Noie.

« Nulle part, dit-il, on ne vit contraste plus curieux et plus plein d'enseignement que celui de la mère et des fils, dans leur appareil et dans leur tenue, et ce contraste fit briller à tous les yeux la gloire du Seigneur. Mélanie arriva la première, assise sur un bourriquet maigre, plus vil que tous les ânes du monde, tandis que derrière elle les sénateurs de son cortège, rivalisant de magnificence, nous étalaient, à l'envi les uns des autres, toutes les pompes du siècle. La voie Appienne étincelait et gémissait à la fois sous la multitude de leurs chevaux superbement harnachés, sous le roulement des chars couverts d'or, le balancement des litières, le croisement des véhicules qui l'encombraient; mais un seul rayon d'humilité chrétienne effaçait toutes ces splendeurs de l'orgueil. Les riches admiraient celle qui était pauvre, les profanes celle qui était sainte, et elle, elle se moquait de leurs richesses. Nous vîmes là une confusion digne des triomphes de Dieu : l'or, la pourpre, la soie, s'abaissant devant la serge noire et usée et se faisant ses serviteurs; nous bénnnes alors le Seigneur, qui rend sages ceux qui sont humbles, fait de l'humilité la suprême élévation, et laisse les riches dans leur indigence ^ »

Paulin les reçut dans sa cabane, comme il l'appelait,

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