‹ Saint JéromeChapitre 297 sur 387 · Paulin., Ep · texte numérisé non relu

Paulin., Ep

384 SAIJST JÉRÔME.

cabane assez vaste cependant pour les contenir tous avec leur suite, « les riches comme les saints. » C'était un grand bâtiment en forme de monastère à deuK étages, séparés par un corridor longitudinal sur lequel s'ouvraient des cellules. Outre cette partie du logement qu'on appelait le cénacle, des salles spacieuses étaient consacrées aux réunions communes et à la table. De vastes portiques régnaient à l'extérieur. De deux petits jardins attenant à l'habitation, Tun, celui des légumes, était assez stérile et fort mal cultivé, de l'aveu même de Paulin ; l'autre, planté d'arbres fruitiers, communiquait avec la basilique de Saint-Félix, où les habitants de la maison avaient une entrée particulière. Paulin entretenait là quelques commensaux à demeure et des visiteurs plus nombreux qui, sans être moines, se pliaient comme lui aux pratiques de la vie ascétique.

L'ancien sénateur que le vœu du peuple de Noie, ou plutôt sa violence, devait élever bientôt à l'épiscopat de cette ville, avait alors, pour son occupation la plus active et la plus chère, la glorification du martyr Félix, dont les reliques étaient déposées dans la basilique voisine. Chaque année, par des constructions faites à ses frais, il ajoutait aux anciennes nefs des chapelles ou des nefs coordonnées avec les premières, et qui donnaient à l'ensemble l'apparence d'une petite ville^ La quatrième venait à peine d'être terminée avec une magnificence tout impériale, que déjà une cinquième s'élevait audessus du sol. Félix était en effet le grand saint de la Campanie, et les vertus attribuées à son tombeau y attiraient une foule incessante de peuple. Les femmes croyaient lui devoir leurs enfants, les enfants la vie de

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