‹ Saint JéromeChapitre 299 sur 387 · LIVRE X. :m · texte numérisé non relu

LIVRE X. :m

que celui-ci a lait et accorde ce quil a refusé ; Méiaiiie, dis-je, avait pu croire qu'il en serait ainsi à l'égard de Rulîn, et qu'Anastase l'ayant excommunié malgré la lettre de communion octroyée par Siricius, Innocentius n'aurait rien de plus pressé que de lever l'excommunication d'Anastase, surtout quand on lui en prouverait l'injustice. C'est de quoi elle se chargeait, et déjà elle se réjouissait de l'absolution de son ami, obtenue par son crédit et par ses soins.

Mélanie se trompa cette fois. La question de doctrine était trop grave, et l'Église trop engagée. Rufin, sommé de venir se justifier devant le pape, avait blessé par un refus hautain la discipline que Rome travaillait à établir autour d'elle ; en second lieu, il avait été condamné dans un synode, et enfin l'empereur Honorius, conformément à la double décision du synode et de l'évéque, avait interdit la lecture d'Origène et la propagation de ses écrits : Rufm se trouvait englobé dans les dispositions du décret. Vainement Mélanie voulut-elle l'emporter de haute lutte près d'innocentius, en faisant mouvoir tous les ennemis de Jérôme, elle rencontrait partout ses amis, Painmachius, Marcella, Fabiola, toute l'Église domestique, qui l'avait admirée si longtemps, et qui la rejetait aujourd'hui de son sein^ Il est même douteux que Rufm excommunié ait pu la venir visitera Rome, le pouvoir temporel prêtant la main dans ces circonstances aux interdictions spirituelles. Devenue plus implacable encore par cet échec, elle attisait en tout lieu contre Jérôme le feu de la haine; elle ne vivait qu'avec ses adversaires, et l'histoire nous la montre dans l'intimité de cet Apronianus à qui Rufin

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