‹ Saint JéromeChapitre 318 sur 387 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

que s'ils parlaient ensemble pour un voyagea Cet homme a\ai(, une immense fortune dont il usait pour doter les églises et les monastères : les jjarbares arrivent et ses terres sont ruinées, ses troupeaux enlevés, ses serviteurs tués, dispersés, emmenés captifs. Comme il supportait toules ces afflictions sans sourciller, Julianus se croyait fort. « Non, non, lui écrivit Jérôme, tu n'es qu'une recrue dans l'armée du Christ. As-tu distribué le reste de tes biens aux indigents, pour être indigent toi-même-? » Et Julianus avait encore des enfants! Cette société romaine du v^ siècle périssait tout autant par ses vertus que par ses vices.

tl.

Nous placerons ici, selon l'ordre des temps, la dispute entre Augustin et Jérôme, restée célèbre dans l'Église, et qui, prolongée de Tannée 395 à l'année 407, par une suite de malentendus qu'aidait ou envenimait la méchanceté des hommes, émut un instant toute la chrétienté. Elle roulait sur un point d'exégèse historique, et prenait sa source dans une autre dispute plus fameuse encore, celle des apôtres Pierre et Paul devant les fidèles d'Antioche^ La controverse des deux docteurs du T siècle nous reporte ainsi vers le berceau du christianisme, aux jours militants de l'apostolat, et il est curieux

1. Non quasi raortuam, sed quasi proficiscentem. Hieron., Ep.92.

2. Tyruncule CJiristi... tibi major pars derelicta substantiœ, ut tantum tenteris, quantum perferre potes. Necdum enim ad eum pervenisti gradum, ut totis adversum te cuneis dimicetur. Hieron.. Ep. 89.

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