‹ Saint JéromeChapitre 319 sur 387 · Paul., Ep. ad Galat., c · texte numérisé non relu

Paul., Ep. ad Galat., c

d'étudier comment on envisageait alors, au sein de l'Église solidement établie, ces origines apostoliques, déjà environnées d'ombre dans le lointain des temps. La curiosité redouble quand on songe que ce furent les deux plus brillantes lumières de l'Église occidentale qui cberclièrent alors à pénétrer ces saintes ténèbres; et que, dans la discussion que ces grands bommes ouvrirent, discussion d'un intérêt chrétien si puissant et si considérable, chacun d'eux apporta, avec une conclusion difïérente, une tendance d'esprit, un caractère, un savoir, différents; chacun d'eux enfin se montra chrétien sous un jour tout particulier. On peut dire que c'est là, dans quelques lettres échangées, parfois avec passion, toujours avec éloquence et franchise, que se révèle, plus peut-être que dans le reste de leurs ouvrages, le cachet de leur personnalité. Quelques détails préliminaires aideront le lecteur à mieux comprendre le parallèle qui va ressortir des faits.

Au début de la controverse, Augustin avait quarante et un ans ^ Chrétien depuis peu, il venait d'être tout nouvellement promu au sacerdoce, et l'Église occidentale plaçait sur sa tête de grandes espérances. Lui-même nous a raconté avec une sincérité admirable et les orages de sa vie, et les longues incertitudes de ses croyances, et comment, au milieu des désordres qui affligèrent sa jeunesse, il cherchait, avec Tardeur qu'il mettait à tout, un idéal de perfection morale et de souverain bien, dont le flot des passions l'éloignait sans cesse. Cet idéal, il le

i, 11 était né le 13 novembre 35i, à Tagaste en Afrique, ville de la province de Numidie, près de Madaure et d'Hippone. Augustin., de Beat, vit., t. I, éd. Bened., p. 213. — Possid., Vit. Auoustin., ap. Bened. — Cf. ïillem., Mém. ecdés., t. XIII, p. 2.

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