‹ Saint JéromeChapitre 324 sur 387 · Act.'uipost., IX, X, XI et XV · texte numérisé non relu

Act.'uipost., IX, X, XI et XV

de sa prédication. Tout docteur des gentils qu'il était, nous le voyons circoncire son disciple Timotliée, fils d'une Juive et d'un Grec, et par conséquent gentil : il le faisait, nous dit son historien, u par crainte des Juifs ^ )) A Cenklirée, port de Corintlie, le même apôtre coupe sa chevelure ; il se rase la tête, suivant le mode des Nazaréens qui ont fait un vœu, et accomplit la marche nu-pieds, muHpedalia, consacrée par le rituel judaïque -. Ce n"est pas tout. Arrivé à Jérusalem avec ses disciples gentils, il se rend au temple et les soumet en même temps que lui au cérémonial des purifications et des sacrifices : tout cela sans doute par crainte des Juifs, chrétiens ou non ; et par crainte aussi des Juifs, ses coapôtres et les prêtres de Jérusalem lui avaient conseillé d'agir ainsi. Il fallait néanmoins que le danger des discordes intérieures fût grand, pour que cet esprit allier se courbât sous des pratiques qu'il répudiait, devant ses disciples comme au fond de son cœur. Le grand péril en effet était de provoquer, dans le camp des fidèles circoncis, par un abandon trop brusque des observances légales et l'absence de ménagement pour les coutumes juives, des divisions qu'on n'avait pas à redouter du côté des gentils. Déjà Gérinlhe et Ébion avaient planté deux drapeaux rivaux en face même de saint Pierre, et, plus juifs que chrétiens, retenaient à eux bien des circoncis que la foi nouvelle avait touchés. En beaucoup de lieux, des Églises judaïsantes, où le Christ était représenté comme un simple prophète et l'Évangile comme un complément de la Loi mosaïque, menaçaient d'étouflcr dans le christianisme

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