‹ Saint JéromeChapitre 33 sur 387 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

vocations, en petit nombre : saint Martin n'était pas encore venu. A Rome même, et à côté de cet essai de couvents féminins sous le marbre et l'or, quelques hommes étalèrent sur eux des vêtements de moine et se dirent cénobites ; toutefois c'étaient des gens grossiers, fainéants, avides d'argent, livrés à l'intempérance et qui inspirèrent plus de dégoût que de tentation pour l'habit qu'ils usurpaient^ Malgré ces échecs partiels, la propagande des idées de réforme marchait; on se prenait d'admiration pour les doctrines de renoncement et d'austérité : de l'institution monastique, pensait-on , se lèverait le souffle qui devait raviver la société chrétienne, à commencer par le clergé. Cette préoccupation des esprits d'élite les reportait naturellement vers la Palestine et l'Egypte, terres de la vraie inspiration chrétienne, à ce qu'on croyait, et patrie des grands monastères. Le goût des voyages à Jérusalem se réveilla donc avec force sous l'empire des sentiments nouveaux, qui faisaient de l'Orient le but de tant d'admirations et de désirs.

Ces visites au berceau du christianisme et au siège de ses redoutables mystères n'avaient jamais cessé en Orient depuis la fondation des premières églises : les lois cruelles d'Adrien, après la seconde dispersion des Juifs et la transformation de Jérusalem en une ville païenne, Aelia Capitolina, ne les avaient même pas interrompues; mais en Occident elles avaient toujours été rares. La conversion de Constantin en fit naître le goût et en facilita les moyens. On alla sur les traces de sainte Hélène par mode, par curiosité, par ferveur de christianisme. On voulut contempler les monuments que la mère d'un empereur romain élevait sur la terre même de la

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