‹ Saint JéromeChapitre 332 sur 387 · Hioioii., Lp. 71. — /i>. GO · texte numérisé non relu

Hioioii., Lp. 71. — /i>. GO

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pliilosopliiqiie, à la marche savante et sûre de l'argiimentation, à certaines locutions, à certaines tournures particulières, Jérôme y reconnut sans hésiter l'évêque d'Hippone. Cette conviction le jeta dans un profond et morne abattement. Autour de lui, parmi les frères de Bethléem et de Jérusalem, puis, à mesure que la nouvelle se propagea, parmi les prêtres de la Palestine qui partageaient les opinions si durement incriminées dans la lettre, une violente colère éclata, a Ce jeune homme, disait-on de toutes parts à Jérôme, veut ruiner ta gloire en te diffamant à loisir et à ton insu. Il y a eu dans le sort étrange de cette pièce plus qu'un malentendu, plus qu'un hasard, il y a eu une préméditation odieuse. Après t'avoir accusé 'd'être un prédicateur sacrilège du mensonge et un falsificateur des Écritures, il fait en sorte qu'on puisse dire : « Jérôme condamné ne répond pas, (( cet homme terrible a trouvé son maître; il est si bien (( vaincu qu'il se tait. » Voilà par quelles manœuvres honnêtes Augustin travaille à l'agrandissement de sa renommée? » Les amis de Jérôme le suppliaient alors de se montrer, de saisir cette plume qui avait l'ait trembler tant d'adversaires; mais lui, malgré les soupçons qui assiégeaient son âme, s'y refusa constamment. « Non, non, répétait-il avec force, il ne sera pas dit que j'aie attaqué un évêque de ma communion , dans une cause qui m'est toute personnelle K »

Augustin sut bientôt par des pèlerins venus de Palestine ce qui se passait aux monastères de Bethléem , la douloureuse modération de Jérôme, la colère furieuse de ses amis. 11 comprit sa faute et en éprouva un déses-

1. Cavebam ne episcopo communionis meae procaciter respondere viderer. Hieron., Ep. 71.

poir sincère : non certes qu il se sentît coupable, à un degré quelconque, de Tinfàme calcul que lui prêtaient les apparences, mais parce que sa négligence ou sa faiblesse avait amené un grand mal. Il eut aussi à se reprocher le peu de ménagement de ses paroles vis-à-vis d'un vieillard qu'il nommait lui-même son ami, qu'il saluait son maître : or des expressions, des libertés de langage à peine excusables dans le commerce de l'intimité se trouvaient maintenant divulguées, livrées à la malignité publique et tournées, suivant les dispositions de chacun, tantôt contre l'adversaire, tantôt contre l'auteur. Un autre chagrin plus poignant, c'est qu'il ne pouvait expliquer suffisamment tant de malentendus accumulés. Si la mort subite de Profuturus était à la rigueur une excuse recevablepour la perte de la première lettre, que dire de celle de la seconde et de ce Paul us, dont il ne put éclaircir jamais la conduite, cet homme qui se charge de porter une lettre en Palestine, et qui la porte à Rome par peur soudaine de la mer? Augustin évidemment était livré aux cabales ennemies de Jérôme : on l'avait poussé à des cj-itiques, on avait excité sa bile, puis on avait trompé sa confiance au profit peut-être de sa vanité, qui plaiderait pour les coupal)les, se disait-on, quand la fraude aurait réussi. C'était l'état vrai des choses, et Augustin, sincère admirateur de Jérôme et après tout son sincère ami, en eut le cœur navré. Il se hâta de lui écrire une lettre remplie de protestations de dévouement, mais il se taisait sur les erreurs de sa correspondance antérieure : l'embarras des explications lui avait arrêlé la main.

(( On m'a rapporté, écrivait-il, un bruit que j'ai peine à croire; mais pourquoi ne t'en parlerais-je pas? On m'a rappoj'té que quelques-uns de nos frères, qui me

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