‹ Saint JéromeChapitre 333 sur 387 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

sont inconnus, t'ont fait entendre que j'avais composé un livre contre toi, et que je l'avais envoyé à Rome. Sois convaincu que rien au monde n'est plus faux : Dieu m'est témoin que je n'ai point composé de livre contre toi\ » — Le livre dont il s'agissait, c'était l'une ou l'autre des deux lettres ou peut-être toutes les deux. — « Que s'il existe dans mes ouvrages quelque chose qui t'ait pu blesser, confesse-le-moi : je recevrai fraternellement tes avis, y trouvant tout à la fois le plaisir de me corriger et une marque précieuse de ton affection. » Il ajoutait avec une grande effusion de cœur : « Oh ! combien je serais heureux de te voir, de demeurer près de toi, d'assister à tes entretiens! Mais, puisque Dieu m'a privé de cette grâce, laisse-moi jouir du seul moyen qui nous reste de nous unir malgré la distance et de demeurer ensemble en Jésus-Christ : souffre que je t'écrive et réponds-moi quelquefois. Salue de ma part mon saint frère Paulinien et tous les frères, tes compagnons, qui se glorifient de toi, au nom du Sauveur. Souviens-toi de moi, Seigneur très-cher, frère très-désiré et très-honoré en Jésus-Christ. Puisse le Christ accomplir tous tes vœux, comme je le lui demande moi-même ardemment " ! ))

Cette lettre n'eut point sur Jérôme l'effet qu'elle devait produire, l'absence de justification le blessa. Une explication franche et entière sur des hasards si suspects pouvait seule désormais dissiper les ombrages qui remplissaient malgré lui son cœur, et faire taire ses conseillers. Voyant quel'évêque d'Hippone s'abstenait de parler

1. Hoc falsum esse noveris : Deum nostrum testor, hoc me non fecisse. Augustin. Ep. 07, ap. Hieron., Ep. 08.

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