Augustin. Ep. 07, ap. Hieron., Ep
de ses précédents envois, il s'abstint à son tour de touclier aux questions qu'ils traitaient; et à cette lettre, dont les réticences affaiblissaient le caractère affectueux, il répondit par une autre non moins affectueuse dans la forme, mais fière, hardie et qui témoignait que la plaie de son âme était vive.
« Seigneur vraiment saint et très-heureux pape, lui disait-il, il m'est arrivé une lettre de ta Béatitude, au moment où partait pour l'Occident notre saint fils le sous-diacre Astérius. Tu affirmes, dans ces lignes que je lis, n'avoir point envoyé à Rome un livre écrit contre moi : ce n'est pas d'un livre qu'on m'a parlé, c'est d'une certaine lettre qui t'est attribuée et dont notre frère Sysinnius m'a apporté une copie. Tu m'y exhortes à chanter la palinodie à propos de la dispute des apôtres Pierre et Paul, et à faire comme Stésichore.qui passa de la satire au panégyrique d'Hélène, pour recouvrer la clarté des yeux, que sa méchanceté lui avait fait perdre. Je t'avouerai avec simplicité que, tout en reconnaissant dans cette pièce ta méthode d'argumentation et ton style, je n'ai pas cru en devoir accepter témérairement l'authenticité ^ et te répondre en conséquence, de peur d'encourir de ta Béatitude le reproche d'injustice, si je venais à lui attribuer ce qui n'est pas d'elle. A cette raison de mon silence s'en est jointe une autre, la longue maladie de la sainte et vénérable Paula. Tout entier au soulagement de son mal, j'ai presque oublié ta lettre ou du moins celle qu'on a répandue sous ton nom. Excusemoi donc en te remémorant le proverbe : « Musique
1. Ego simplicité!' fateor, Dignationi tuse, licet stylus et £7:i-/cipr,(xaTa tua mihi videientur : tamen non tcmere exemplaiibus littinarum credendum putavi, ne forte... Hieion., Ep. 0*J.