Musica in luctii, im|3ortuiia narratio. » EcvL, xx
4ii SAINT JÉRÔME.
rappelle-toi Darès et Entelle ; songe aussi au proverbe qui dit : (( Lorsque le bœuf est las, il appuie plus fortement le pied '. » Je dicte ces lign'es avec tristesse. Plût à Dieu que j'eusse le bonheur de t'embrasser et de nous entretenir ensemble, afin d'entendre l'un de l'autre et de nous enseigner fraternellement ce que nous ignorons !
« Souviens-toi de moi, saint et vénérable pape, et vois combien je t'aime, moi qui, provoqué, n'ai pas voulu te répondre et ne me résigne pas encore à t'attribuer ce que je blâmerais dans un autre. »
Darès et Entelle étaient deux athlètes, héros de VÉnéide-, celui-là jeune et présomptueux, celui-ci vieux, mais plein de vigueur; et le plus jeune, ayant excité l'autre à la lutte par des provocations imprudentes, finit -par s'en trouver mal. L'allusion était claire et valait assurément celle de Stésichore. Jérôme dicta cette lettre tandis que le sous-diacre Astérius attendait à la porté de son ermitage : ce fut le premier et presque le dernier éclat de sa colère.
Augustin reçut le choc et courba la tête : Darès sentait le coup de ceste du vieil Entelle. Il se mit en mesure d'envoyer les copies réclamées et écrivit de nouveau, abordant timidement les explications et suppliant Jérôme de lui répondre sur le point de la controverse. « La lettre que ma remise de ta part notre saint fils Astérius, lui disait-il, est dure et affectueuse tout à la fois. Dans ses passages les plus tendres, je vois percer un signe de mécontentement et je sens l'aiguillon d'un
4. Ne solus milii de poetis aliquicl proposuisse videaris, mémento Daretis et EntoUi; et vulgaris proverbii : « quod bos lassus fortius figat pedem. » Hieron., Ep. G9.