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51 J SAIJNÏ JÉRÔME.
se jeta sur le grand couvent de Betliléem. Les serviteurs et les moines firent bonne contenance ; on se battit, et du côté de Jérôme un diacre fut tué. Tandis qu'on attaquait le monastère des hommes, une autre troupe courait à celui des femmes, armée de piques et de torches. Les portes furent enfoncées, des brandons lancés de toutes parts, et le sac commença. Plus d'une des saintes filles, réveillées en sursaut, tomba aux mains de ces forcenés. Eustochium et Paula, avec une énergie plus que virile, ralliant à leur suite leurs tremblantes compagnes, à demi nues comme elles, se firent jour dans la campagne, à travers la flamme et les armes, sous la sauvegarde de leurs serviteurs ^ Elles purent gagner enfin la tour de défense bâtie par Jérôme, ainsi que nous l'avons dit, à une extrémité de son monastère, et qui, destinée à fournir un refuge contre les courses des brigands arabes, servait maintenant de rempart contre des chrétiens et des moines. Le clergé de Jérôme, arrivé en bon ordre et à temps, couvrit heureusement la retraite des femmes. Beaucoup de sang fut répandu, et les monastères, pillés et incendiés, n'auraient bientôt pi'ésenté qu'un monceau de cendres, si les habitants de Bethléem, attirés par le bruit, n'avaient éteint la feu et dispersé à coups de bâton et d'épée les assassins chargés de butin. Il fallut du temps pour que les bâtiments pussent être réparés, et en attendant moines et vierges s'installèrent comme ils purent soit dans la ville, soit sur les décombres encore fumants de leurs cellules.
Ces infortunés, dénués de tout, demandèrent à Jean de Jérusalem vengeance et protection spirituelle, au
. 1. Dircptiones, cœdes, incendia, omne facinus (î\tienisB demiintia;. iiiuocunt. Ey. ad Joan. Jcrobol., ap. Augustin., Op.. t. X, .ippeiuL, p. 90.